RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : Koundara présente t-il déjà les mauvais signes?

Mon badiar, image d’archive

En Guinée, les menaces de ce danger mondial sont déjà visibles dans certaines régions et préfecture du pays. Si l’on se refaire au constat, la préfecture de Koundara, présente certains aspects liés aux méfaits du réchauffement climatique.

On observe Une température très élevée, 40°c pendant la saison sèche contre 30 en saison des pluies. Le changement de calendrier de la saison des pluies accompagné de la baisse de la pluviométrie. Même si j’ignore les chiffres Comme le disait l’autre à l’Assemblée nationale,  » c’est un blogueur qui parle, je ne suis pas affronté aux chiffres.  »

Cependant, d’après ce que l’on m’a rapporté durant mon séjour, pour la saison hivernale qui vient de s’achever, il n’a plu que trois mois de façon constante contrairement aux années précédentes où il pleuvait cinq mois.

Image d’archive
  1. Des signes enonciateurs que les spécialistes de l’environnement ont évoqués

Dans un article lu sur le site du groupe de la Banque mondiale, il a été dit ceci :  » les méfaits du réchauffement climatique peuvent se manifester par la rareté des pluies, la baisse des productions agricoles et l’augmentation considérable de la chaleur « , avant de citer les conséquences que cela peut engendrer.

Partant de ce qu’explique le site de la B.M, j’ai aussitôt tiré une conclusion, la préfecture de Koundara est victime du changement climatique.

Pourquoi, par ce depuis quelques années, cette préfecture présente ces éléments énumérés ci haut sous le regard impuissant des citoyens.

Selon l’index de vulnérabilité au changement climatique publié, fin octobre, par le cabinet britannique Maplecroft, les dix Etats d’Afrique les plus exposés au changement climatique, il ya la Guinée Bissau.

Cette ancienne colonie portugaise se situe à l’ouest de la préfecture de
Koundara. Soit quarante cinq kilomètres le séparant de ce pays lusophone. Et du coup, l’on peut dire que la préfecture de Koundara est aussi exposée par ce qu’étant très proche de ce pays.

2-Risque d’une crise alimentaire dans la prèfecture

Le n
Le néré

Au temps du premier régime, Koundara était considérée comme grenier agricole du pays. La riziculture réussissait très bien dans les plaines badiaroises. Selon même certaines langues, il fut un moment, par abondance du riz, les paysans l’utilisaient pour peindre leurs maisons.

Mais de nos jours, la préfecture n’a pas d’atouts environnementaux pour récupérer ce titre honorifique, qu’il détenait jadis. Et là, le problème alimentaire risque de se manifester dans sous peu de temps.

Lors de mon séjour dans la préfecture, mon oncle Elhadj Hayya Diallo un grand agriculteur de la zone me disait,  » Koundara a beaucoup changé. L’agriculture ne donne plus comme auparavant. Ces dernières années, nous cultivons plusieurs hectares pour des rendements très faibles, au dessous de ce que nous gagions une décennie de cela. C’est vraiment grave si ça continue comme ainsi. C’est l’agriculture que nous connaissons ici et si la nature ne (la pluie) nous facilite plus cette activité c’est très inquiétant » m’a t-il interpellé.

Sur une radio privée de la place, le préfet de Koundara, M. Hassan Sanoussi Camara demandait l’appui du gouvernement afin d’éviter une crise alimentaire dans la préfecture. Comme pour vous dire, loin des menaces, ce sont les conséquences qu’on vit.

Le pire peut encore être évité

Estimée à 106.048 habitants selon les statistiques du dernier recensement, La population de Koundara est composée majoritairement des jeunes. Plusieurs d’entre eux sont des diplômés. Ainsi, au lieu d’envoyer des délégations ou missions dont la finalité restera vaine, il faut :

Responsabiliser les jeunes de ladite préfecture.
Il y’a aujourd’hui des jeunes à Koundara qui sont regroupés dans des ONGs. Ces jeunes veulent et peuvent bien travailler pour sauver la préfecture mais ne sont pas accompagnés.

Nous avons par exemple L’OJDS ( organisation des jeunes pour le développement de Saréboïdo). Cette jeune ONG constituée essentiellement des jeunes diplômé (e)s, a déjà pris la menace au sérieux. Pendant les vacances de 2015-2016, ils sont allés dans la sous-préfecture de Saréboïdo avec un projet de reboisement.

Ils ont pris l’initiative de planter les anacardiers sur les terrains appartenant aux autorités sous préfectorales. Cette action, à la longue va freiner l’avancée du désert et le réchauffement climatique.

Également, depuis deux ans, ces jeunes sont entrain de mettre en place un plan leur permettant de s’activer dans l’agriculture. Mais pour faute de moyens financiers et manque d’accompagnement, leur projet reste sur papier. Des jeunes déterminés à participer au développement de la préfecture, il y en a. Mais sont tous confrontés au problème d’accompagnement.

Il est temps alors que nos autorités à tous les niveaux se bougent. N’attendez pas la famine s’installe, que les jeunes perdent l’espoir pour intervenir. C’est maintenant où maintenant.

A’asalfo, leader du groupe de music zougoulou ivoirien Magic Système disait «  le réchauffement climatique est plus dangereux que le terrorisme par ce que c’est un mal que nous vivons avec mais qui nous ronge à petit feu tous les jours  » fin de citation.

Aboubacar Siddy Koundara Diallo, journaliste blogueur indépendant

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Sous préfecture de Saréboïdo: Ces villages aux réalités incroyables

  1. Plusieurs localités relevant de cette sous préfecture de Koundara vivent encore dans une réalité difficile à imaginer. Pas des routes praticables, ni réseau téléphonique encore moins d’établissements d’enseignement publics.

Situé à dix huit kilomètres de Saréboïdo, avec 400 habitants Sinthian Yembering est l’un des dix villages où on ne trouve même pas de réseau mobile guinéen. Dans ce village, pour effectuer un appel les citoyens se déplacent d’une distance de 8Km. Une situation que ces villageois vivent mal. « Nous souffrons énormément ici. On n’a pas une bonne route. La sous préfecture, c’est là-bas où les sociétés Orange, MTN sont installées. Et le réseau n’arrive pas même chez nous. Nous sollicitons de l’aide de l’État en partenariat avec les sociétés de téléphonie mobile  » a plaidé Mamadou Saliou Bah un agriculteur de profession résidant dans ce village.
Cette situation fait que ces guinéens de ce côté sont coupés du reste de leurs frères vivant dans les autres villes du pays. « j’ai mes frères et mon fils à Conakry. Je veux avoir leurs nouvelles à chaque fois mais là, c’est impossible, par ce qu’on n’a pas de réseau. On est là, mais coupé de tout contact avec nos frères. C’est vraiment difficile de vivre de telle façon à ce monde actuel » a ajouté un autre habitant de la même la localité

Un village de Koundara
Un village de Saréboydo

Même la radio nationale RTG n’émet pas de signal dans ces zones.  » c’est grâce à la RFI Radio France internationale qu’on se renseigne parfois des nouvelles de notre pays et pourtant, nous y vivons » s’est lamenté un autre villageois.

Manque d’infrastructures routières

De la sous préfecture de Saréboïdo à la frontière Guinée et Guinée Bissau, c’est 15 kilomètres d’où le barrage frontalier (Kandika) un autre village. Mais cette route se trouve de nos jours dans un état impraticable. L’on se demande si les autorités de ce pays n’ont pas oublié ces localités.

Et pourtant, « Dans les années 2000, cette frontière apportait de l’argent à l’État guinéen. Car, plusieurs commerçants quittaient la Guinée Bissau pour assister au marché hebdomadaire de Saréboïdo les dimanches. Mais tout ça a presque changé. Aujourd’hui, moins de véhicules transitent par cette frontière par ce que la route est très mauvaise. » A regretté un agent de la douane basé au poste de contrôle à Kandika.

« Même les quelques tonnes d’acajou que nous recoltons dans nos plantations, on les revend en Guinée Bissau par ce que y’a pas de route pour les envoyer dans la sous préfecture afin de les vendre à nos compatriotes guinéens » regrette un planteur.

Précisons que ces villages sont tous proches de la Guinée « Bissau ». Environ trois Kilomètres les séparent des localités de ce pays lusophone.

Absence d’infrastructures sanitaires

Plus loin, d’autres citoyens interpellent l’État guinéen sur le manque d’infrastructures sanitaires, notamment centre de santé et hôpitaux. Le chef du village de Sinthian Yembering Boubacar Sabali Boiro  » Le centre de santé le plus proche se trouve à Kouttan le district, soit à huit kilomètres d’ici. À défaut, c’est à Saréboïdo. Et si le patient n’a pas les moyens, on fait recours à la pharmacopée. Mais avec le monde actuel cette pratique ne peut pas faire face à certaines maladies dans les cas urgents ».

Cependant, il faut préciser qu’il y’a tout de même un établissement d’enseignement public dans ce village. Un bâtiment de trois salles, pour deux classes. la 1ère, 2ème et la 3éme année occupe une salle la 5ème l’autre. Deux enseignants donnent cours, l’un est contractuel et le second est pris en charge par la communauté.

« Nous sommes là entrain de nous battre pour donner le maximum de ce que nous savons aux enfants. C’est pas facile d’évoluer dans ces conditions mais l’amour du travail et l’envi de partager nos connaissances nous poussent à enseigner » a déclaré M. Thiara Camara un des enseignants.

« L’année passée, on a fait 100% à l’examen d’entrée en 7ème année. En 2018 aussi nous allons tout faire pour que nos candidats soient tous admis » a ajouté l’autre enseignant communautaire M. Mamadou Yaya Diallo.

En attendant que ces cris de coeur ne soient entendus par les autorités locales et administratives du pays, ces habitants vont devoir garder leur mal en patience.

Aboubacar Siddy Koundara Diallo, blogueur indépendant